Jason Scheff : Rien n'arrête un artiste
Le chanteur principal et bassiste de Chicago, Jason Scheff, nous raconte son étonnant périple musical—et notamment comment des outils comme Propellerhead Reason et les contrôleurs MIDI USB de M-Audio lui permettent d'accéder à de nouveaux sommets créatifs
JASON SHEFF EN DÉMONSTRATION POUR M-AUDIO AU NAMM 2003
Même si le chanteur principal et bassiste de Chicago Jason Scheff est né au sein d'un milieu musical—son père était le bassiste d'Elvis Presley et sa mère une musicienne sur les tournées—il ne s'est jamais senti forcé à suivre leurs pas. Scheff a toujours été encouragé à trouver son propre chemin, qui en fin de compte l'a conduit dans l'activité déjà pratiquée par la famille. Selon son expression favorite, “rien n'arrête un artiste”. C'est ainsi qu'aidé par sa famille et par des vétérans établis dans l'industrie, l'artiste sommeillant en Scheff a fait son apparition. Guidé par la passion et la détermination, le parcours créatif de Scheff a englobé des tournées mondiales à jouer les succès de Chicago (dont “Will You Still Love Me ?” et “Look Away”) ; la sortie d'un album solo, “Chauncy” et tout un éventail de projets de composition pour des gens comme David Lasley (James Taylor), Carly Simon, Boz Scaggs, George Benson et d'autres.
Scheff s'est mis à la basse à 14 ans, encouragé par son talent naturel pour l'instrument. Il a commencé par jouer avec sa mère dans des groupes aux alentours de sa ville natale de San Diego, CA, et plus tard il s'est produit dans des concerts jusqu'en Idaho. Alors qu'il était certain de vouloir devenir un bassiste professionnel, Scheff hésitait au début à devenir chanteur. Après avoir rejoint un groupe du Top 40, Scheff s'est vu obligé à chanter régulièrement—mais c'est seulement pendant sa premier leçon de chant qu'il a découvert sa véritable voix de chant.
“Quand je suis arrivé à LA, ma mère m'a payé ma première leçon de chant avec Seth Riggs”, se souvient Scheff. “Je lui ai dit : ""J'aimerais étendre mon registre vers les graves. Je sais que je peux chanter dans les aigus, mais j'aimerais chanter plus grave."" Alors il m'a enseigné certains exercices, puis il s'est arrêté la minute d'après et m'a dit : ""Jason, tu fais fausse route. Tu es un ténor-né."" Je ne pourrai jamais remercier assez Seth de m'avoir montré qui j'étais en tant que chanteur. J'ai suivi ses leçons pendant un an et demi environ parce que je voyais mon avenir.”
DE LA FORMATION À LA PERFORMANCE
Le soutien et les encouragements inébranlables de Riggs—même quand Scheff ne pouvait pas lui payer les leçons—ont constitué un tremplin inestimable dans sa carrière. L'amitié sans faille du compositeur Aaron Zigman s'est révélée tout aussi importante. Après avoir signé un contrat à 19 ans, Zigman a souvent engagé Scheff pour réaliser les démos de ses chansons. Ceci a amené Scheff à rencontrer des musiciens reconnus tels que Bobby Caldwell, Steve Cropper, et Jeffrey Osborne, et à signer finalement son propre contrat en 1985.
En l'espace de quelques mois, la maquette de Scheff est tombée dans les mains de Michael Ostin à la Warner Bros., le label de Chicago et Peter Cetera. Quand Peter Cetera a quitté Chicago, Warner Bros. a demandé du matériel pour son album solo. L'éditeur de Scheff a envoyé sa maquette, et non seulement Warner a aimé les chansons, mais la maison de disque l'a choisi pour remplacer Cetera à la tête de Chicago. C'est ainsi qu'à 23 ans, la carrière de Scheff a pris un nouveau tournant.
“J'ai réalisé ma première tournée à 24 ans”, raconte Scheff. “À cet âge, vous êtes assez stupide pour croire que vous pouvez tout faire. Aujourd'hui, à 41 ans, si la même occasion se présentait, en ayant été un musicien de club toute ma vie, j'y réfléchirais sans doute et j'y renoncerais. Mais heureusement j'étais suffisamment jeune pour foncer tête baissée. Ça a été une période formidable de ma vie.”
REASON EN TOURNÉE
Scheff s'intéresse depuis longtemps à l'enregistrement en tournée, sans avoir jusqu'à maintenant trouvé les appareils capables d'enrichir—plutôt que d'entraver—son processus créatif. Mais l'achat d'un PowerBook Titanium et la découverte de Propellerhead Reason ont rapidement tout changé. La simplicité d'utilisation de Reason a permis à Scheff de commencer à créer de la musique immédiatement, alors que la puissance et l'exhaustivité du programme l'ont amené à explorer de nouveaux territoires créatifs.
“Dès le premier jour d'utilisation de Reason je créais déjà plein de musique, parce que le logiciel était si simple, compact et automatique, que rien ne venait faire obstacle à mon travail”, témoigne Scheff. “Pour la première dans ma vie, je me suis senti prolifique. Reason me conduit à créer des choses que je ne créerais pas normalement. Une fois que vous avez une palette de base de percussions ou de sons de batterie, vous avez tendance à programmer le même genre de choses. Et je me trouvais limité. Mais avec Reason, j'adore programmer un rythme vraiment simple sur ReDrum et trouver quelque chose—que ce soit un synthé ou un fichier REX—comme élément percussif du rythme, plutôt que de me dire, ""oh, ça doit être une cymbale charleston"".”
“J'aime également aller dans les sons de basses et trouver quelque chose de différent et qui surgit rapidement”, poursuit Scheff. “Vous pouvez être sûr que dès les deux ou trois premiers sons, vous entendrez quelque chose que vous n'auriez généralement pas choisi, et qui vous projette dans une direction entièrement nouvelle. Et c'est ce qu'il y a de mieux, parce qu'il en ressort toujours quelque chose de nouveau. Le fait que cela me pousse à explorer et que ma composition s'en trouve dynamisée est en soi fabuleux. C'est vraiment un outil incroyable.”
Avec Reason, même la distance n'est plus une barrière à la collaboration créative. Scheff explique comment il travaille avec le batteur Vinnie Colaiuta, lui aussi équipé M-Audio : “Dans le temps, on pouvait s'envoyer un fichier MIDI, mais même si vous disposez de modules synthé identiques, quelles sont les chances que les mix obtenus soient les mêmes ? Il manquera quelque chose lors de l'interprétation. Mais avec Reason, je peux vous envoyer à vous ou à Vinnie ou à n'importe qui d'autre mon fichier Reason, et le destinataire peut l'ouvrir sur son ordinateur tel que je l'ai créé. Toutes les fonctions automatiques sont intégrées.”
SOLUTIONS DE MATÉRIEL PORTABLE
Quelques éléments de matériel viennent compléter l'installation du studio mobile de Scheff. Il a une préférence pour les claviers de commande Oxygen8 et Radium49 de M-Audio à cause de leur taille et de leur flexibilité. Ils sont non seulement efficaces pour le contrôle des paramètres sur Reason, mais obligent également Scheff à utiliser des techniques nouvelles et différentes quand il compose—avec des résultats surprenants. En plus, leur simplicité d'installation permet à Scheff de travailler n'importe où et n'importe quand—lors d'une pause d'une demi-heure dans sa chambre d'hôtel ou de retour dans un studio plus traditionnel.
“J'ai utilisé l'Oxygen8 à l'étranger au Japon, ce qui est vraiment fort parce qu'une fois encore, ça vous amène à créer différemment de ce que vous feriez d'habitude”, se réjouit Scheff. “Je suis normalement du genre à composer les 2 mains sur le piano. N'avoir à en utiliser qu'une seule à la fois et ajouter la basse dans un deuxième temps est très bien, parce que ça me fait utiliser des accords que je n'utiliserais pas d'habitude. J'ai également acquis le Radium à 49 touches, ce qui est plaisant parce que j'aime en effet pouvoir jouer à deux mains quand je suis en déplacement. Il a une taille idéale pour se ranger dans le compartiment d'un avion. Et j'aime toutes les possibilités MIDI avec ses boutons et curseurs.”
L'AMOUR DE L'ART
“Quelqu'un m'a demandé l'autre jour : ""Quelle est la recette pour que votre enfant s'intéresse à la musique ?"" J'ai répondu : ""Eh bien, est-ce que votre enfant aime la musique ?"" Il m'a répondu que oui, alors je lui ai dit : ""Alors, laissez-le s'amuser"". Personne ne m'a jamais forcé à quoi que ce soit. Si vous êtes vraiment passionné, rien ne vous arrête. C'est ça l'art, c'est ça être artiste. Rien ne peut arrêter un artiste.”
“Si vous cherchez à faire carrière parce que vous comptez vivre de vos compositions, mieux vaut le faire par amour de l'art”, poursuit Scheff. “Si ce n'est pas le cas, ça peut devenir très décourageant, parce que c'est un milieu qui vous rejette facilement. J'ai eu la chance que mes chansons soient placées et que j'aie été remarqué par certaines personnes. Mais en même temps, c'est vraiment ce que je voulais faire. Je n'ai pas gagné à la loterie, ça faisait juste partie de moi. Si vous aimez la musique et la composition, faites-le par amour de l'art. Et si le succès vous sourit, tant mieux.”
Scheff reste également positif face aux changements de l'industrie musicale. “On dit beaucoup que l'époque où un compositeur pouvait placer ses compositions est révolue, parce qu'aujourd'hui ce sont les producteurs qui écrivent les morceaux pour les artistes. Mais n'oubliez jamais qu'un beau morceau fera toujours son chemin vers la lumière. On ne peut pas l'arrêter. Il y aura toujours un film en quête d'un bon morceau. Il y a une place pour chacun, et il ne faut pas se décourager.”

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